SHINING NATIONAL OPEN ZOZO : EN MÉMOIRE D’ENZO

23 Sep 2021

De vendredi à dimanche, la Maison du Squash recevait le Shining National Open Zozo, tournoi organisé par la ligue de squash des Pays de la Loire en hommage à Enzo Corigliano. Retour sur un weekend Nantais chargé en émotions.

UNE FÊTE DU SQUASH, ET UN BEL HOMMAGE

 
« Que les matches soient à l’image de ce qu’était Enzo, c’est-à-dire un joueur qui prenait un maximum de plaisir sur le court tout en étant irréprochable dans son comportement. » Tel était le souhait de Guillaume Lautier, président de la ligue de squash des Pays de la Loire avant le tournoi. Il a été exaucé, tous les matches étant marqués du sceau de la combativité et du fair-play. « Je tiens à souligner l’attitude exemplaire des jeunes joueurs présents, et j’en suis d’autant plus ravi que ça n’avait pas été le cas lors d’une compétition qu’on avait reçue il y a quelques temps, » confiait Mathieu Fort, gérant du club hôte. Cet évènement se voulait une fête de squash, et de nombreuses personnes avaient fait le déplacement pour rendre hommage à l’ancien champion de France junior (on pense à son ancien entraîneur au pôle espoirs Benoît Letourneau, ainsi que bon nombre de ses camarades de promotion). Il a aussi été chargé en émotions, notamment lors de la remise des prix et de la soirée du samedi, les organisateurs ayant préparé quelques petites surprises : tout d’abord, la diffusion de messages vidéo des meilleurs joueurs et joueuses Français, qui connaissaient tous très bien Enzo, puis un appel en visio avec ses parents, malgré le décalage horaire avec la Nouvelle-Calédonie.

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Même si le weekend a été chargé en émotions, le Shining National Open Zozo était aussi une fête du squash placée sous le signe du plaisir (Crédit photo : Nicolas Barbeau)

Parmi les partenaires du Shining National Open Zozo, il y avait l’association Weenhub. Dédiée à l’accompagnement des sportifs de haut niveau, elle vise aussi bien à favoriser leurs performances que leur accomplissement après carrière. Son président et co-fondateur, Benoît Moneuse, est venu dire quelques mots pendant la soirée du samedi. « Les deux mots qui me viennent à l’esprit après la diffusion des témoignages des amis d’Enzo, ou plutôt Zozo comme ils le surnomment, sont émotion et dignité, » disait celui qui a été joueur de rugby de haut niveau avant de voir son parcours stoppé par une blessure. « Les émotions sont le cœur de tout activité sportive, et un athlète vit autant de choses en dix ans qu’en quarante ans dans un autre métier. Un fin de carrière génère un vide intérieur et quand ça s’arrête, vous ne savez plus qui vous êtes. Le message que je souhaite faire passer, c’est qu’il faut se construire à la fois en tant que sportif et qu’être humain. »

LES FAVORIS AU RENDEZ-VOUS

 
Côté court, la logique a été respectée avec la victoire des deux têtes de série n°1, Énora Villard (n°4 française) et Edwin Clain (n°11). C’est un doublé pour l’US Créteil mais aussi un beau clin d’œil, car tous les deux étaient très proches d’Enzo Corigliano. « Même si la gestion des émotions a été compliquée, je ne pouvais pas ne pas gagner ce tournoi, » raconte la 44ème joueuse mondiale dans un entretien à paraître demain. C’est son expérience qui lui a permis de prendre le dessus dans les moments clé d’une demi-finale où elle a été sérieusement bousculée par la jeune Slovaque Ella Galova (n°16), alors qu’une autre pensionnaire du pôle espoirs d’Aix-en-Provence, Ninon Lemarchand (n°12), lui a pris un jeu en finale avant de lâcher prise. La jeune joueuse d’origine Nantaise s’est offert le come-back du weekend en demi-finale face à Élise Romba (n°7), et du même coup sa plus belle victoire en senior.

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Le Néo-Calédonien Brice Nicolas (au premier plan) a rendu un bel hommage à Enzo Corigliano en se hissant en finale
(Crédit photo : Nicolas Barbeau)

Côté masculin, Edwin Clain a survolé le tableau en remportant ses cinq matches 3-0. Même s’il n’a pas pu l’inquiéter en finale, Brice Nicolas (n°29) est le grand gagnant de ce weekend Nantais. Le Néo-Calédonien avait causé la sensation en quart de finale face à Paul Gonzalez (n°18), avant de sortir vainqueur d’un autre combat en demi face à Baptiste Bouin (n°24) – en 3 jeux mais plus d’une heure de match. Ce dernier (qui comme Ninon Lemarchand a été formé à Rezé par Mathieu Fort) complète le podium et confirme sa montée en puissance. « On se croirait sur un tournoi jeunes, » a-t-on pu entendre dans les travées de la Maison du Squash, en référence à la moyenne d’âge très basse des participants. Outre Brice Nicolas et Baptiste Bouin, d’autres ont marqué des points pendant ces trois jours. On peut notamment citer Titouan Isambard, Axel Diet ou encore Nathan Oudinet. On retrouvera tous ces joueurs à Lille fin octobre, à l’occasion du championnat de France jeunes toutes catégories.

UN TRAVAIL D’ÉQUIPE

 
« Le comité d’organisation a vraiment bien fonctionné ensemble, » se félicitait Guillaume Lautier pendant le tournoi. Aux côtés du président de la ligue, on retrouvait Lucas Vauzelle, Cyril Septault, Olivia Bouin, Julie Sauton, Romain Suire, les officiels (les arbitres Nicolas Barbeau et Bruno Jacob, et le juge-arbitre Pierre Bernard), le gérant de La Maison du Squash Mathieu Fort, et les bénévoles de l’association Nantes Squash Sautron. « Il faut souligner le formidable travail de Mathieu et toute son équipe, » ajoute Guillaume Lautier. « Par exemple, il y avait beaucoup plus de monde que prévu au repas du samedi soir mais le chef cuisinier a su s’adapter au pied levé. »

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La réussite d’un évènement repose sur un travail d’équipe, et le Shining National Open Zozo n’a pas fait exception à la règle (Crédits photo : Nicolas Barbeau & Julie Sauton)

COUP DE GUEULE

 
Guillaume Lautier ne tourne pas autour du pot lorsqu’on aborde le nombre de participants. « C’est une grosse déception, à deux niveaux différents, » explique le président de la ligue PDL. « Tout d’abord, nous avions sondé les entraîneurs nationaux début juillet. Ils nous avaient répondu que le PSA de Nantes étant annulé, organiser le tournoi à la mi-septembre était judicieux et que la plupart des meilleurs Français seraient là. Le constat, c’est qu’à part Énora aucun membre des tops 10 n’était présent, alors que comme elle ils ont rapidement été éliminés en Égypte. C’est problématique, car c’est pour eux que nous avions décidé d’organiser un open national hommes et femmes, avec 5 000 euros de dotation. Ensuite, il y a la faible participation au niveau de la ligue qui est, je n’ai pas peur de le dire, inadmissible. Et encore plus particulièrement de la part des clubs Sarthois où Enzo s’est entraîné et où Grégory, son papa, a officié en tant que professeur de squash. Cet évènement était mon idée, donc quelque part, je prends ça comme un désaveu. Peut-être que certains joueurs de niveau régional ont eu peur de participer à un national, ou que d’autres ont été refroidis par le format sur trois jours ? Je ne sais pas, mais le pari a été perdu et il faudra discuter avec les clubs pour comprendre pourquoi. Si on avait su qu’on aurait seulement 14 inscrites dans le tableau féminin, on n’aurait évidemment pas mis 2500 euros de dotation. Le bilan financier de l’évènement est largement déficitaire (NDLR : La Maison du Squash va apporter son aide pour en couvrir une partie), j’en suis d’autant plus contrarié qu’en tant que président je fais plus attention aux comptes de la ligue qu’à mon propre argent. J’en profite pour préciser que vous pouvez toujours faire un don via la plateforme et acheter des T-shirts et sweats « Squash à la Zozo. », pour lesquels Romain Suire nous reverse entièrement les bénéfices. »

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Même s’il se félicite de la belle entente au sein du comité d’organisation, Guillaume Lautier ne cache pas sa déception quant au nombre de participants (Crédit photo : Ligue Squash PDL)

Interrogé sur la pérennisation de l’évènement, Guillaume Lautier évoque un changement de format quasi-certain. « Ce sera sans doute un open régional mais à quelle date et avec quelle formule, on ne sait pas encore. Pourquoi pas l’organiser parallèlement au PSA de Nantes, comme cela avait été fait avec l’open de France amateur. N’oublions pas cependant que ce tournoi dépend de l’association Nantes Squash Sautron, alors que le Shining National Open Zozo est du ressort de la ligue. Si on part dans cette direction ce sera avec leur accord. » Affaire à suivre …

Retrouvez toutes les photos du Shining National Open Zozo sur les liens suivants :

app-photo  Nicolas Barbeau

app-photo  Julie Sauton : samedidimanche

crayon  Article de Jérôme Elhaïk

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