SHINING NATIONAL OPEN ZOZO : LES VAINQUEURS À CŒUR OUVERT

23 Sep 2021

La logique a été respectée au Shining National Open Zozo : têtes de série n°1, Énora Villard et Edwin Clain ont remporté un tournoi qui leur tenait à cœur, car ils étaient tous les deux proches d’Enzo Corigliano. Nous avons recueilli les impressions des deux lauréats à l’issue du weekend.

ÉNORA VILLARD : « JE NE POUVAIS PAS NE PAS GAGNER CE TOURNOI »

 

Un tournoi à part

  Même si son programme est chargé en ce moment, Énora Villard n’a pas hésité une seconde à répondre favorablement à l’invitation des organisateurs afin d’honorer la mémoire de son ami Enzo. « La gestion des émotions a été compliquée ce weekend, mais comme je me connais je savais que ça allait être le cas et je m’y étais un peu préparée, » nous a-t-elle confié. Après avoir largement dominé l’entame de sa demi-finale, elle a été sérieusement bousculée par la jeune Slovaque Ella Galova. On a même cru une énorme surprise possible lorsque cette dernière a mené 5-1 dans le troisième jeu, avant que la 44ème joueuse mondiale ne serre le jeu au moment opportun pour passer en tête puis conclure, 11-9 dans le quatrième. En finale, Énora a également lâché un jeu en finale face à Ninon Lemarchand, avant de mettre le turbo en fin de match. Car pour elle, il était « tout simplement impossible de ne pas gagner ce tournoi. »
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En demi-finale, Énora Villard (à gauche) a dû s’employer pour repousser les assauts de la jeune Slovaque Ella Galova

La vie sur le circuit, et la saison à venir

  Énora Villard aurait dû être tête de série n°2 d’un Challenger 10 cette semaine en Écosse, mais elle a déclaré forfait en raison d’une blessure à l’adducteur contractée à Nantes. Sa prochaine échéance est donc l’US Open (1-6 octobre à Philadelphie) où elle affrontera sa partenaire d’entraînement Mélissa Alves au premier tour. « L’objectif est bien sûr de monter au classement, cependant je prends les matches les uns après les autres tout en continuant à faire évoluer mon jeu vers un style plus offensif, » confie-t-elle. « La période que l’on traverse depuis un an et demi n’est pas facile, et on constate qu’il y a beaucoup de blessures parmi les joueurs en ce moment. Avec les restrictions, on prend moins de plaisir qu’avant sur les tournois, et le fait de ne pas avoir d’entraîneur à nos côtés est embêtant. Mais on ne peut évidemment pas se plaindre, on a la chance de disputer des compétitions et de voyager tout en faisant ce qu’on aime. Concernant la vie hors du court, l’année dernière j’ai obtenu un Master 2 dans le domaine de l’humanitaire en vue de mon après-carrière. Cette année je n’ai pas de projet particulier, je vais me consacrer à 100 % au squash ! »

EDWIN CLAIN : « OBJECTIF TOP 100 MONDIAL »

 

Un tournoi maîtrisé de bout en bout

Grand favori du Shining National Open Zozo, le numéro 11 français a tenu son rang le weekend dernier à Nantes, ne perdant aucun jeu lors de ses cinq matches. « Je suis content de ce que j’ai produit, » racontait Edwin Clain à l’issue du tournoi, « et j’ai pris du plaisir sur le court. Mes deux derniers matches étaient diffusés, et je fais entièrement confiance à mon entraîneur Malcolm Tullis pour les analyser et me donner son point de vue. » En finale, il a battu Brice Nicolas, l’un des chefs de file de la nouvelle génération. « Il y a des jeunes qui poussent, je le sais d’autant plus que je vais m’entraîner de temps en temps à Aix-en-Provence. Quant à moi, c’est vrai que j’ai 21 ans et que je ne suis plus un jeune joueur. Je m’en étais véritablement rendu compte pour la première fois lors du regroupement entre les différentes générations à la fin 2020. »

Ses objectifs pour 2021-2022

  Avant son succès à Nantes, le deuxième de sa carrière sur un tournoi national, Edwin Clain avait entamé sa saison par un 1/8ème de finale lors d’un Challenger 10 au Portugal. « J’étais plutôt satisfait de mes prestations, en particulier celle contre Mahesh Mangaonkar (n°57 mondial), même si je me suis fait un peu mal en fin de match. Mes objectifs sont de rentrer dans le top 10 français, puis dans le top 100 mondial le plus rapidement possible. Concernant mes prochaines échéances, je vais disputer des rencontres par équipe en Italie le weekend prochain, puis un Challenger 5 à Moscou à la mi-octobre. Ensuite, il y a la tournée en France en novembre, je ne ferai sans doute pas les quatre tournois mais sans doute deux ou trois. »
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Edwin Clain (au premier plan, ici face à Ludovic Barraud en quart de finale) a survolé le tableau masculin à La Maison du Squash

Depuis la rentrée, Edwin enseigne le squash dans deux clubs de l’Île-de-France, tout en préparant son DEJEPS

  « Je m’occupe aussi bien d’adultes que de jeunes. Non seulement ça me plaît, mais ça me permet aussi de gagner un peu d’argent. Les joueurs de mon classement (Edwin est n°186 mondial) ne vivent pas du squash, et j’en profite pour vivement remercier mon club de l’US Créteil, sans lequel je ne pourrais faire ce que je fais. Concernant l’avenir à moyen terme, j’aimerais reprendre un Master l’année prochaine, je ne sais pas encore dans quelle filière. Pourquoi ne pas faire comme Baptiste Masotti et Auguste Dussourd (NDLR : respectivement n°2 et 9 français, ils suivent ou ont suivi une formation à distance dispensée par la Grenoble École de Management) ? Néanmoins, cela a un coût et c’est pour aussi pour cela que j’ai décidé de travailler cette année. » Même s’il prépare son déjà après-carrière, le Cristolien n’envisage aucunement de mettre le squash entre parenthèses pour l’instant. « Avoir une passion, ce n’est pas donné à tout le monde et j’ai bien l’intention d’aller le plus loin possible. »

crayon  Propos recueillis par Jérôme Elhaïk

app-photo  Photos Nicolas Barbeau

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